Mes histoires

Peur des chiens ? Alors, adopte un chien!

Ce jour-là, mon mari est rentré de son déplacement professionnel, tout souriant et visage éclairé. Après avoir constaté la différence, je lui ai demandé s’il avait quelque chose de croustillant à me raconter.

Lui : Thayaaaa! Je sais ce qu’il manque dans cette maison : il manque un chien!

Moi : Euh, c’est quoi cette nouvelle histoire ? Qui t’a mis ça en tête ? Tu as rencontré quelqu’un? Une personne qui a un chien ?

Lui : Mais non! J’ai rencontré personne! Pendant ce déplacement, j’ai beaucoup réfléchi. Et je me suis rendu compte qu’un chien peut te tenir compagnie quand je suis pas là. Il va te protéger. 

Moi : Depuis quand, on a besoin d’un chien pour se protéger ? Tu connais pas ta femme, elle peut très bien se débrouiller toute seule. Elle mettait une sacrée patate quand elle faisait  de la lutte au collège.

Lui : La lutte … ? Mais non! c’est pas ça. Ecoute je vais faire quelques recherches… Et en plus, c’était un de mes rêves d’enfant : « avoir un chien ». C’est toi qui dis souvent qu’il faut réaliser les rêves de son enfance même en étant adulte.

Moi : Euh… oui… Mais, je t’ai déjà parlé de mon problème avec les chiens : j’ai peur des chiens.   Quand j’étais petite, je me suis fait mordre par un chien du pays. 

Flashback : En effet, quand j’avais 5 ans, j’allais à pied à une fête, toute bien habillée, accompagnée de mon frère. Sur le chemin, mon frère a vu un chien derrière le portail d’une maison : il voulait apparemment communiquer avec lui. Il faisait des cris d’aboiements pour le provoquer. On ne sait pas comment le chien a réussi à s’échapper du portail. Il se retrouvait devant nous, à l’extérieur! Et… mon frère, qui n’avait pas eu le temps de m’avertir, a couru dans la direction opposée, vers le chemin par lequel nous sommes passés. Moi, restant bloquée, j’ai pris 10 secondes pour me rendre compte de la situation… J’ai donc pris fuite vers le chemin que nous empruntions, vers la musique, vers cette fête. J’essaie de courir tant que je peux avec mes petites jambes et ma robe toute belle mais courte. Soudain je sens que le chien s’approche, il est tout prêt de moi… Je crie au secours… je cours sans retourner ma tête… j’accélère les pas… J’appelle mon frère… Je sens la respiration sur ma peau… J’ai peur… Je crie de toute mes forces…. et soudain, je sens le museau mouillé au niveau de ma cuisse arrière… Je ferme les yeux tout en appelant à l’aide… je sens de plus en plus…d’abord la bave puis les crocs! Le chien me  pousse et me mord au niveau de ma cuisse. Et là, je tombe par terre… et je n’ai plus de voix pour crier! 

Après quelques minutes, je me retrouve dans les bras d’un monsieur qui me porte pour m’emmener vers une clinique proche. 

Et depuis ce jour-là, j’ai peur de tous les chiens : je fais partie des personnes qui changent de trottoir quand elles voient un chien à 5 mètres. Comment, moi, je peux avoir un chien à la maison ?

J’essaie de convaincre mon mari, qui à son tour, essaie de me convaincre. 

Lui : Tu verras, le chien qu’on va avoir, ça sera comme ton enfant. En plus, il sera petit : pas comme celui qui t’a mordu. 

Moi : … J’ai peur de tous… sans exception… Hum… on en discutera plus tard. (Ma phrase habituelle pour me débarrasser d’une chose.

Quelques jours se sont écoulés…

Lui :  Regarde Thaya, j’ai fait quelques recherches et je vois bien l’un des deux chiens chez nous…

 


Moi : Un boxer!!!! Je me demande si c’est pas lui qui m’a mordu d’ailleurs… Je suis désolée pour ce qui en ont un, mais je trouve qu’il est toujours trop sérieux. regarde sa tête, on dirait un militaire. Et encore, je préfère la tête du beagle : il a l’air plus gentil.

Lui :  Bah non! Les deux sont gentils, les deux peuvent te protéger! Si tu préfères le beagle… on y va pour le beag…

Moi : J’ai rien dit encore!

Lui : Ecoute! Y a un salon des animaux ce week-end. On peut aller les voir en vrai et réfléchir. On va faire juste un tour…

Moi : Un tour! C’est tout! On ramène rien au retour à la maison.

Lui : Bah, bien sûr! On décide pas d’avoir un chien comme ça! Il faut bien réfléchir! 

Le samedi, nous étions à 6… pour visiter ce salon…

Arrivée au salon, j’étais toute émerveillée : je n’ai jamais vu autant de chiens au même endroit. Bizarrement, je ne ressentais pas la peur, tout était bien sécurisé et on entendait par tout des « Ah! Il est trop mignon », des « Mais regarde maman! Comme il est beau! « , des « Chéri! on prend un ? »  et des « Allez papa! dis oui STP! »

Je rigolais secrètement en voyant toutes ces personnes qui adorent les animaux. Mais qu’est-ce qu’ils trouvent tous chez les chiens ?

J’ai demandé à mon mari qu’on aille voir directement le stand des beagles et comme ça, on n’en parle plus : on visite et on rentre.

Arrivés au stand, on voit une dizaine de chiots beagles entrain de jouer derrière les barrières… Ils avaient tous entre 1 et 3 mois : des tricolores et des bicolores. Certains sautaient… d’autres poussaient, tous semblaient tout joyeux… sauf UN. Il était allongé avec son petit bidon, tout triste. Il ne bougeait plus comme les autres et ses yeux étaient vides. A ce moment-là, je ressentais un sentiment étrange, comme une compassion mélangée à de l’affection. Je n’étais pas la seule à ressentir cette émotion. On le montrait tous du doigt et on demandait à mon mari : « on le prend ? »

Lui : Mais, on s’était dit qu’on allait juste faire un tour… On n’a même pas visité le salon. Il faut réfléchir…

Moi : Je sens que j’ai craqué… J’ai l’impression qu’on l’a trouvé, on le prend ?

Eux : Allez, on le prend…

Lui : Mais, il faut pas décider comme ça. Un chien, c’est beaucoup de responsabilités. Tu es capable de t’en occuper quand je suis pas là ?

Moi : Mais oui, je vais le protéger. Allez! On le ramène chez nous ?

Après quelques minutes de réflexion et des arguments, nous étions tous d’accord : oui, il vient avec nous !

Ainsi, nous avons récupéré ce chiot beagle et nous l’avons nommé Jun (qui veut dire « obéissant » en japonais).

Bonjour, je m'appelle Jun. Et je vous ai choisi!

 

  • Depuis ce jour-là, j’ai connu l’affection inconditionnelle d’un bonhomme à 4 pattes.
  • Depuis ce jour-là, je suis émerveillée à quel point ils nous ressemblent ces chiens, et pourquoi on les appelle nos amis fidèles.
  • Depuis, ce jour là, j’ai appris à respecter le slogan « ceci est un trottoir et non un crottoir ».
  • Et depuis ce jour-là, quand j’aperçois un chien au loin, je ne change plus de trottoir.

 

 

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