Développement personnel, Mes histoires, Passion, Travail

Tu veux faire quoi quand tu seras grande?

decisions-martin-fisch-défi-12 …une histoire « presque » sans fin!

Premier espoir
Arrivée en 3ème, on me posait déjà la question  :

Alors qu’est-ce que tu veux faire plus tard? Tu veux faire quoi comme métier ?

Je pensais que dès 14-15 ans on était censé savoir ce que l’on veut faire pour le reste de notre vie.

Je « leur » répondais  :

– Peut-être informatique…

Je n’avais pas le nom d’un métier mais celui du domaine qui m’intéressait.

Et « ils » me disaient :

-Pourquoi tu veux faire de l’informatique ? C’est plutôt un domaine pour les garçons! On te voit bien dans la bio : tu es plutôt forte dedans.

J’avais jamais mis le pied dans le bureau de la conseillère d’orientation du collège à cause de ma phobie sociale et de ma timidité.
J’avais donc décidé de me diriger vers les sciences… 3 ans après, je me retrouvais à préparer mon bac scientifique.

Ah! Le bac scientifique qui t’ouvre toutes les portes! C’est ça le problème, tellement il y a de portes que tu ne sais pas laquelle choisir pour passer de l’autre côté.  Et…un jour, je suis tombée sur un reportage où je voyais des personnes qui s’occupaient des enfants à l’hôpital.

Deuxième espoir

« Dinkkk! » Mais ouiiiiiiiiiiii! C’est ça que je veux faire… c’est exactement ça! Je veux prendre soin des enfants!

Je suis donc allée sur internet et j’ai tapé « métier enfant hôpital » et Internet me proposait plusieurs métiers.

  • Internet : pédiatre: médecin des bébés et des enfants. Niveau d’études :  bac+9 à bac + 11
  • Moi : Euh! Thaya, tu vas avoir 29 ans si jamais tu réussis à arriver jusqu’au bout. C’est super loOOooong! On ne va pas te nourrir jusqu’à tes 29 ans quand même!  Il n’y a pas plus court que ça ?
  • Internet : puéricultrice : infirmière spécialisée dans les soins médicaux des bébés et  des enfants. Niveau d’études : bac+4
  • Moi : Ah! C’est mieux! Euh… attends…il faut passer par un concours d’entrée d’infirmière? Concours? = Entretien oral? = Phobie sociale!!!! Non, non, je ne suis pas encore prête pour les entretiens et concours. Et puis ça a l’air dur le métier « d’infirmière pour adultes »! Il n’y a pas d’autres possibilités ?
  • Internet : puéricultrice option 2. Mais d’abord vous devenez sage femme ensuite vous faites un an de spécialisation pour devenir puéricultrice.
  • Moi : Sage-femme ? Pourquoi pas! Alors, comment on devient sage femme ?
  • Internet : Il faut d’abord passer le PCEM 1 = première année de médecine et après 4 années d’études.
  • Moi : Bon écoute, je vais faire ça :  PCEM1, sage femme et si je n’aime pas, j’irai vers puéricultrice.
  • Internet : Comme vous voulez! C’est vous qui décidez!

Je me suis donc inscrite en fac de médecine. Et le bruit courait autour de moi : « Thaya fait médecine », « Thaya fait médecine »

Oui! je veux essayer de faire la première année de médecine parce que j’ai peur de passer le concours infirmière pour devenir puéricultrice. Et tout le monde peut entrer en médecine si vous avez un Bac et surtout le scientifique. En revanche, tout le monde ne peut pas sortir de cette porte : « ils » sélectionnent 150 sur 900 candidats!

Arrivée en PCEM1, je me retrouvais dans un amphithéâtre de 700 personnes, avec une ambiance d’apprentissage que je ne connaissais pas : il y avait les anciens étudiants qui empêchaient les nouveaux de travailler, il fallait acheter les cours, suivre des professeurs qui ne faisaient que des cours magistraux avec zéro interactivité. Bref, je trouvais mille excuses pour ne pas aimer les cours. J’ai quand même voulu tenter ce concours de fin d’année et je me retrouvais dans les 600 sur 900 candidats.

– Mais ils ne sélectionnent que 150! Même si je tentais encore une seconde fois, je n’arriverais jamais dans les 150. Non, je vais changer! J’aime ces métiers mais je n’aime pas tous ces concours et toutes ces sélections! Je vais faire autre chose… mais quoi? Qu’est-ce qui est vraiment fait pour moi? 

C’est ainsi que j’ai passé tout l’hiver 2008 à chercher « ce que je voulais devenir plus tard« .

Assistante sociale? Professeur? Informaticienne? Photographe? Interprète? Il ne me restait qu’un mois pour les derniers dossiers d’inscription! « Qu’est-ce que je veux faire? » est devenu « qu’est-ce que je peux faire? » Je ressentais une grande pression qui me suffoquait, je faisais des recherches jours et nuits. Parfois, je me réveillais à 4 heures du matin avec une boule au ventre qui se transformait en mixeur et je cherchais… encore… et encore… Le « parfois » devenait « souvent » qui devenait « tous les jours ». C’est la première fois que j’ai connu les symptômes d’un vrai stress mental! Mais je l’ignorais et je continuais mes recherches.

On dit souvent que le corps ne ment jamais : il exprime tout ce qui se passe à l’intérieur… et j’ai appris que le stress peut devenir maladif. La pression peut changer en dépression. Et les conséquences peuvent êtres très sérieuses : les palpitations du coeur, les maux de ventre, la chute de cheveux, la dégradation de peau… et j’en passe.

Troisième espoir

Petit à petit, je commençais à perdre l’espoir, et un jour je suis tombé sur une université qui proposait la langue des signes…

Une nouvelle lumière… un nouvel espoir apparait en moi…Je ne sais pas quel métier je veux faire, mais au moins, je sais que j’ai envie d’apprendre cette langue… J’ai donc postulé à une licence qui s’appelle « science du langage avec option la langue des signes française » et j’ai été retenue.

Une vraie belle découverte, pas de la langue, mais de moi! En effet l’apprentissage de la langue des signes français ressemble beaucoup au théâtre : il faut se servir de son corps pour s’exprimer… les gestes et les expressions faciales sont très importants. J’ai surtout appris que les êtres humains pouvaient communiquer entre eux plus de 50% par les mains et le visage sans connaitre une langue commune.

Chaque exercice pratique m’aidait à sortir de ma timidité, je prenais petit à petit confiance en moi. J’ai réussi sans difficulté à valider les 3 années de licence. Je devais choisir mon master 1. Et là, rebelote!

– C’est super tout ça! Mais qu’est-ce que je vais faire comme métier ?

J’avais le choix entre 3 masters :

  1. Devenir interprète français-langue des signes.
  2. Devenir professeur des langues pour les étrangers.
  3. Devenir chercheuse en langue.

Après réflexion, je n’ai pas le niveau adapté pour devenir interprète en langue des signes, la recherche ne m’intéresse pas… alors j’ai choisi le 2ème par élimination.

4ème (vrai) espoir

Master « didactique des langues étrangères » Quésaco ?

C’est l’enseignement d’une langue (pour moi ça sera du FLE : Français Langue Etrangère) à un étranger. C’est tout simple à comprendre et il y a des débouchés directs : professeur ou formateur de FLE. Le master se concentre sur les différentes méthodes de l’enseignement d’une langue et sur l’élaboration des différents outils en classe.

Avec ce diplôme, je pouvais enseigner dans des établissement de l’éducation nationale, dans les établissements sociaux mais également dans les entreprises en tant que formatrice. J’ai trouvé un premier stage au CADA auprès des réfugiés politiques: c’était une première belle expérience. En master 2, j’avais décidé de mieux organiser mon année. J’ai commencé la recherche de mon stage dès les grandes vacances et j’ai fait mon service civique à la croix rouge… le reste s’est fait naturellement. Le service s’est transformé en CDI mi-temps : j’enseignais les mathématiques aux mineurs isolés étrangers… On me proposait une première fois le plein temps…signe ? Je refusais délicatement car je voulais découvrir les autres champs du FLE. Je travaillais parfois 43 heures par semaines : dans une missions locale, dans un GRETA, dans des spas thaïlandais. Je courais de train en train…d’établissement en établissement… La fatigue commençait à se ressentir. Une deuxième opportunité se présente à moi pour le plein temps… signe ? Je réfléchis et j’accepte. Ainsi, j’ai trouvé mon travail à la croix rouge française (article à lire ici).

Ce n’est pas pour autant que mon esprit reste tranquille : même aujourd’hui, je me pose la question… :

Est-ce que je vais continuer toujours dans le social malgré l’amour que j’ai pour ce travail ? Qu’est-ce que je vais faire plus tard ? Une expérience en e-learning ? (réf : premier espoir) Enseignement pour des enfants hospitalisés ?(ref : deuxième espoir) ou complètement changer de domaine ? 

En tout cas je n’écouterais que la petite voix intérieure et non celle des « autres ».

Quelques réflexions avec du recul :

  • Prendre soin d’un enfant n’est pas forcément au niveau médical : cela peut-être au niveau mental, au niveau scolaire ou au niveau juridique. Je ne suis pas la pédiatre ou la puéricultrice qui injecte l’antibiotique ou autre médicament pour soigner, mais une enseignante qui partage des connaissances essentielles à un enfant : parler, lire, écrire et calculer…
  • Se tromper dans une orientation n’est pas grave, elle permet (peut-être) de trouver la bonne voie. Ce ne sont pas des années perdues. Grâce à mon année de médecine, j’ai rencontré des personnes très importantes dans ma vie. La langue des signes me permet de communiquer avec les étrangers ou expliquer une langue plus facilement : rien n’est insensé!
  • C’est normal de ne pas savoir la personne que l’on veut devenir plus tard ou le métier que l’on veut faire : à 14 ans, à 24 ans ou même à 34 ans…
  • Parfois, il faut saisir l’opportunité, savoir dire oui, faire son maximum dans n’importe quel travail.
  • Se questionner est surement un signe d’évolution et non d’instabilité.

Mes étudiants hindiphones et ourdophones me posent toujours une question pour me taquiner : « Thaya, Badi hoke kya banongi ? » (= Tu veux faire quoi quand tu seras grande?), bien sûr en faisant allusion à ma taille physique et je ne sais jamais quoi leur répondre.

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