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Mon travail à la croix rouge française

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Dans le cadre de mon master 2 didactique des langues étrangères, je devais faire un stage d’un mois en tant que professeur de Français Langue Etrangère (FLE) auprès des apprenants étrangers. J’ai déjà effectué un stage avec des réfugiés au CADA et cette expérience (combiner l’enseignement et le social) m’a beaucoup plu. Ainsi, en faisant des recherches sur internet, je suis tombée sur une annonce du service civique dans une structure de la croix rouge française.

Dans cette offre d’emploi, chaque détail me parlait…

  • Le public « mineurs isolés étrangers (MIE) » aujourd’hui appelé « mineurs non accompagnés (MNA) »

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Ce sont des jeunes adolescents de moins de 18 ans qui quittent leurs pays d’origine pour diverses raisons (pauvreté, travail, exploitation, prostitution, famille…) et qui font de longs voyages vers l’Europe. Le voyage peut parfois durer plus d’un an. Ils se retrouvent dans les pays européens comme la France sans protection. Hors en France, tout enfant bénéficie le droit à la protection. Après de nombreux entretiens, après avoir confirmé la minorité de ces jeunes voyageurs et obtenu l’accord du juge des enfants, l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) les met en placement dans des foyers (ou dans des hôtels en attendant que les places en foyers se libèrent…)

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  • La mission d’enseigner la langue française et les mathématiques

En France, l’école est obligatoire pour tout enfant qui a entre 6 et 16 ans : ces jeunes mineurs non accompagnés ne sont pas exclus de cette loi. Comme ils ont le droit à la protection, ils ont également le droit à la scolarisation. Ils peuvent donc passer un test du CASNAV (Centre Académique pour la Scolarisation des élèves allophones Nouvellement Arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de Voyageurs) et peuvent par la suite être affectés dans les écoles de l’éducation nationale. Ces jeunes iront dans un premier temps dans des classes d’accueil (UPE2A) et ensuite ils seront dirigés dans des classes classiques.

Or, tous les établissements scolaires n’ont pas de classes d’accueil et ceux qui en possèdent sont REMPLIS…Conséquence : L’affectation à l’éducation nationale peut être très longue. En attendant, ces jeunes sont la plupart du temps livrés à eux-mêmes.

Heureusement que certaines structures qui les accueillent, possèdent une scolarisation en interne pour que ces jeunes puissent (re)plonger dans l’apprentissage. Il faut noter que parmi ces jeunes, certains n’ont pas été scolarisés antérieurement dans leurs pays (NSA).

Revenons à mon histoire …

La mission principale de cette offre du service civique était donc d’accompagner ces jeunes dans leurs apprentissages : leur (re)susciter l’envie d’apprendre une langue, de lire, d’écrire et de calculer.

Je ne sais pas comment, j’ai réussi à envoyer ma candidature et j’ai eu un entretien.

Le jour de l’entretien, je me retrouve devant un grand château : j’entre par le portail principal et j’aperçois au loin, de grands adolescents de toutes origines. Dans ma tête je me demandais si j’allais réussir à enseigner avec ma petite corpulence… si j’allais avoir de l’autorité sur eux… s’ils allaient m’écouter… si j’allais être crédible car j’ai affaire à des adolescents.

Je passe l’entretien… (je stresse…), j’essaie d’être la plus naturelle possible… (je bafouille…),  je parle de mes premiers stages… (je ne regarde pas les yeux…), j’explique pourquoi ce public m’intéresse (je cache ma petite peur…) et j’essaie de montrer les similitudes entre ma vie adolescente et la vie de ces jeunes… je fais comprendre qu’il ne faut pas tout mélanger, je saisie cette position ambigüe et difficile qu’il faut avoir concernant la proximité avec ces jeunes : ni trop proche… ni trop distante…

Et… au miracle… j’apprends à la fin de l’entretien que j’ai été acceptée en tant que service civique pour 6 mois.

Ainsi,  mon aventure dans la structure commence… le service civique se transforme en CDI mi-temps, et puis plein temps.

Pour eux…

Je suis leur enseignante :

  • je leur apprends à lire, à écrire et à parler la langue française
  • je leur apprends à calculer des 1, 2, 3… des x et des y… des racines carrées et des fonctions
  • je les accompagne dans des sorties culturelles et de loisirs
  • je les accompagne dans leurs orientations professionnelles

 Je suis parfois leur soeur : 

  • je les accompagne à l’école
  • je les aide à faire leurs devoirs
  • je ris, je chante, je danse avec eux
  • j’écoute leurs histoires
  • je partage mes histoires
  • je leur donne des conseils en cas de besoin

Je suis devenue amie avec certains qui sont partis de la structure

Je suis devenue  cliente dans leurs lieux de travail (boucherie, poissonnerie…)

Et aujourd’hui je suis tout simplement fière de leur parcours, fière de leur motivation, fière d’eux!

P.S. : Je partagerai prochainement un reportage réalisé par FRANCE 5 sur la structure dans laquelle je travaille et sur ces jeunes.

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