Développement personnel

Petit jeu des 9 points

Certains professeurs ou ce qu’ils nous ont enseigné nous marquent parfois à vie. Voilà un des jeux que ma professeur de mathématiques de 3ème m’a enseigné. Je fais de même avec mes jeunes… J’aime la philosophie qu’il y a derrière ce jeu.

Alors voici comment vous pouvez le présenter… à vos amis ou à votre famille.

Jeu de rôle : mettez-vous dans la peau d’un enseignant ou d’un savant (on peut se permettre de frimer un peu).

Voici 9 points : le but du jeu est très simple, vous devez relier ces 9 points en passant par dessus. Pour cela, il y a 4 conditions :

  1. Vous ne pouvez utiliser que des lignes (des traits ou des droites si vous voulez) : les courbes sont interdites.
  2. Vous ne pouvez faire que 4 lignes, traits, droites maximums!
  3. Vous n’avez pas le droit de lever votre stylo de la feuille! ( Ah ça vous rappelle un autre avec la feuille pliée! Ici, on ne la priera pas!)
  4. Si vous revenez sur une ligne que vous avez déjà traçée, on comptera comme une ligne de plus.

 

Voilà à vous de jouer! Je vous laisse 15 minutes pour essayer. Bien sûr, on ne va pas sur google et taper « jeux des 9 points ».  On peut dire que ce jeu possède une petite leçon de vie.

Quelques suggestions à ne pas faire!

Non, il y a 5 lignes

Quelques indices ou questions à poser lors de la phase de réflexion :

  • Parfois on se met à soi-même des limites = des conditions en plus… attention, il n’y a que ces 4 conditions… pas plus.
  • Quand vous êtes face à un problème, qu’est-ce que vous faites ? –  Réfléchir… oui… Trouver des solutions… Oui… mais si vous ne trouvez pas de solutions tout de suite… vous faites quoi ? Vous restez bloquer dans le problème sans bouger, sans sortir ?
  • Vous vous souvenez de ce que les professeurs disent souvent lors des examens… si vous ne trouvez pas de solution pour un exercice, ne restez pas bloquer dessus, sortez de là et avancez sur les autres exercices. Et peut-être qu’on trouvera la ou les solution(s) avec du recul

Allons, réfléchissons encore un peu…

Bon voici, quelques réponses possibles : ici, ou ici 

Mais oui! Je ne vous ai jamais dit que vous n’avez pas le droit de ….

Bon,  maintenant, on va passer au français, conjuguons le verbe « sortir » au présent de l’indicatif.

Je sors…

 

 

 

 

 

 

Objectif, Passion

Un film – une semaine

Voici la liste de très belles découvertes de films que j’ai pu voir depuis décembre 2016, qui ont d’après moi, 3 étoiles (ou plus) sur 5.

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Décembre 2106 

  • Semaine 1 : Bangalore Days (Malayalam)
  • Semaine 2 : Ae dil hai Mushkil (Hindi)
  • Semaine 3 : Pink (Hindi)
  • Semaine 4 : Bajraangi Bhaijaan (Hindi) : 

Janvier 2017

  • Semaine 1 : Visaranai (Tamoul)
  • Semaine 2 : Dear Zindagi (Hindi)
  • Semaine 3 : Talvar (Hindi)
  • Semaine 4 : Pranayam (Malayalam)

Février 2017

  • Semaine 1 : Udaan (Hindi)
  • Semaine 2 : Kapoor and sons (Hindi)
  • Semaine 3 : Lala land (Anglais)
  • Semaine 4 : Premam (Malayalam)

Mars 2017

  • Semaine 1 : Split (Americain) / Waiting (Hindi)
  • Semaine 2 : Il a tes yeux (Français)
  • Semaine 3 : Lion (Anglais)
  • Semaine 4 : Kahaani 1 (Hindi)

Avril 2017

  • Semaine 1 : Kahaani 2 (Hindi) / Margarita with a strow (Hindi/Anglais)
  • Semaine 2 : Dharmadhurai (Tamoul)
  • Semaine 3 : Haider (Hindi)

à suivre 

Développement personnel

Questions-réponses

Voici 25 questions proposées par le petit coach que j’ai tenté de répondre. J’ai également posé les mêmes questions à mon mari…

couple interview

1. Si vous deviez vous exiler dans une autre ville ou dans un autre pays, où iriez-vous ? Et pourquoi ? 

Moi : J’ai pris un temps fou à me remettre d’un premier changement. Si c’est une obligation… alors, j’irais sûrement dans une ville calme en Corée du Sud ou en Inde. Pourquoi ? Parce que j’apprécie énormément les langues, la culture, la nourriture et le peuple de ces deux pays.

Lui : Je pense que j’irais à Séoul parce qu’il y a des chickens Galbi à volonté et des BBQ pas cher.

2. Quel âge auriez-vous si vous connaissiez pas votre âge ? 

Moi : Euh… si je peux me permettre de reformuler la question… « si j’ai la possibilité d’avoir le même âge toute la vie ? » ça serait 27 ans. Je suis pas obligée de justifier, non ?

Lui : Je pense « 25 ans » parce que c’est l’âge où tu fais pas mal d’activités (clin d’oeil).

3. Quelle est la chose que vous aimeriez le plus changer dans ce monde ? 

Moi : Quelque chose qui me tient à coeur… que n’importe quel enfant puisse vivre avec sa propre famille bienveillante, qu’il aie le choix de partir quand il pense être suffisamment autonome.

Lui : J’aimerais bien que tout le monde puisse avoir l’argent minimum pour vivre.

4. Qu’est-ce qui est pire, l’échec ou le fait de ne pas avoir essayé ? 

Moi : Même si l’échec est difficile à digérer… je l’accepterais mieux que le regret (de ne pas avoir essayé).

Lui : Pareil.

5. Si la vie est courte, pourquoi passons-nous autant de temps à faire de choses que nous n’aimons pas et aussi peu de temps à faire les choses que nous aimons ?

Moi : Parce que… pour atteindre les choses que nous aimons, il faut passer par certaines autres étapes… plus longues… moins joyeuses. Et en plus, on oublie souvent la durée de la vie humaine…On pense inconsciemment qu’on est là éternellement… On n’y pense pas ou on veut pas y penser.

Lui : Tout simplement, la vie n’est pas courte.

Moi : Je suis d’accord… aussi…. 70 ans… C’est assez long quand même.

6. Quand tout est dit et tout est fait, avez-vous dit plus que vous avez fait ?

Moi : Sûrement…Je dis plus que j’agis.

Lui : Oui.

7. Si vous aviez un choix illimité de métiers, lequel choisiriez-vous maintenant si la seule condition était qu’il doit vous permettre de ressentir du bonheur? 

Moi : J’ai tellement de métiers en tête… Mhmm… Là, tout de suite, je dirais … « coach individuel (personnel ou bien-être) pour enfants et adolescents » ça existe ? Si oui, j’adorerais me former dedans.

Lui : Je sais pas…

8. Qu’est-ce qui vous rend vraiment heureux ? 

Moi : Etre entourée de personnes que j’aime, avec qui je peux communiquer et faire des activités sans se poser trop de questions.

Lui : Le soleil…

9. Croyez-vous réellement en ce que vous faites ou essayez-vous de donner un sens à ce que vous faites ? 

Moi : Les deux.

Lui : Je donne un sens à ce que je fais.

10. Quand avez-vous aidé quelqu’un pour la dernière fois ? 

Moi : Il y a peut-être une heure ? à vérifier!

Lui : Je me rappelle plus!

11. Si la durée de vie moyenne était réduite à 40 ans, que changeriez-vous dans votre manière de vivre ?

Moi : J’aurais réduit le temps d’éducation scolaire et je m’engagerais rapidement dans la vie active pour apprendre sur le terrain. Si c’est au niveau du comportement  : moins réfléchir et agir plus.

Lui : J’arrête de travailler.

12. A quel point avez-vous controlé le chemin que votre vie a pris ? 

Moi : Si on parlait des chiffres ça serait 7 sur 29 donc j’ai pu controlé à peu près 24%, allez, je vais arrondir un peu 30 %.

Lui : 97%

Moi : Whaa! (jalouse)

13. Etes-vous plutôt du genre à essayer de bien faire les choses ou de faire le bien ? 

Moi : Euh… Trop sophistiquée la question… même en traduisant dans ma langue…

Lui : J’aime bien faire les choses… euh plutôt j’aime faire les choses bien.

14. Si vous pouviez donner un seul et unique conseil à un enfant, que lui diriez-vous ? 

Moi : Fais-toi confiance!

Lui : Marche et puis vole!

Moi : J’adore! (rires)

15. Feriez-vous quelque chose d’illégal pour celui ou celle que vous aimez ? 

Moi : Non!

Lui : Oui!

16. Quelle est la chose que vous ne faites pas comme la plupart des gens ?

Moi : Attendre le week-end pour m’amuser…

Lui : Je mets mon slip à l’envers.

17. Pourquoi les choses qui vous rendent heureux ne rendent pas tout le monde heureux ? 

Moi : Parce que je suis différente d’eux, comme eux de moi…

Lui : Parce que les gens sont concentrés par ce qui les intéressent… Parce que nous avons pas les mêmes centres d’intérêts et la diversité fait que nous n’avons pas les mêmes goûts.

18. Quelle est la chose que vous n’avez pas faite et que vous voulez vraiment faire ? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire ?

Moi : Avoir une expérience professionnelle autre que l’enseignement. Rien, j’y travaille.

Lui : Tour du monde… l’argent

19. Gardez-vous quelque chose sur le coeur que vous devriez laisser aller ? 

Moi : Oui…

Lui : Oui…

20. Pourquoi êtes-vous la personne que vous êtes ? Qu’est-ce qui fait de vous la personne que vous êtes ? 

Moi : Pour plusieurs raisons… une qui est principale: ma mère. Je pense également que l’auto-formation a fait de moi la personne que je suis.

Lui : L’eau, la Terre et l’air.

Moi à moi-même : Purée! Pourquoi je fais ma sérieuse ?

21. Etes-vous l’ami que vous aimeriez avoir comme ami ? 

Moi : Oui, certainement.

Lui : Oui.

22. Pour quoi êtes-vous le plus reconnaissant ? 

Moi : Pour la vie que j’ai aujourd’hui, à 29 ans.

Lui : Parce que je suis vivant.

23. Préférez-vous perdre tous vos anciens souvenirs ou les garder mais ne pas capable d’en créer de nouveaux ? 

Moi : Le deuxième, s’il vous plaît.

Lui : Premier… Euh répétez la question, SVP, euh non deuxième aussi.

24. Peut-on connaître la vérité sans l’avoir mise en doute ? 

Moi : Oui, Chef.

Lui : Oui.

25. Est-ce que votre plus grande peur est devenue réalité ? Si, oui avez-vous mieux ou moins bien réagi que prévu ? 

Moi : Oui, plusieurs. J’ai toujours mieux réagi.

Lui : Oui, mieux réagi aussi.

Merci!

 

 

Enfance, Mes histoires

Cé ème deux

Aujourd’hui,  j’accompagne un de mes jeunes à son premier jour d’école en France. Ça fait un mois qu’il est en France, il connaît quelques mots en français, il comprend et parle peu l’anglais.
Programme du jour :
– Repérage des transports
– Visite du collège
– Rencontre avec les professeurs et les personnels du collège

Je lui explique donc toutes les étapes et les transports qu’il doit prendre pour arriver à la destination :

– Valider le ticket
– Prendre les bons bus et les bonnes directions
– Demander l’arrêt

Je suis étonnée par ce jeune qui comprend tout si vite.

 

Moi à moi-même : Il a fait quand même 4 mois de voyage pour venir de son pays jusqu’en France. Il a dû prendre plusieurs transports pour venir jusqu’ici. Ce ne sont pas deux bus qui vont le perturber.

Je le vois tout de même un peu nerveux : il se ronge les ongles, il regarde l’heure toute les deux minutes. Je tente de le rassurer tant bien que mal en lui disant qu’il sera dans une classe d’accueil,  qu’il ne sera pas le seul dans cette situation, qu’il sera avec d’autres camarades comme lui, qui sont là pour apprendre la langue française.

C’est un jour riche en émotion aussi bien pour lui que pour moi.

Il a 14 ans…

J’avais 9 ans…
Il va au collège…
J’allais en école primaire…

J’essaie de me souvenir de mes premiers jours en école française. Ma mémoire n’a enregistré que quelques moments…

Moi à moi-même : J’ai oublié beaucoup de détails. J’aurais dû écrire un journal intime à l’époque. Mais je me souviens très bien de ce premier jour, de ces rongement d’ongles…

Accompagnée par mon oncle, je rencontre ma professeur principal, Mme M. Après quelques minutes de discussion, mon oncle lui dit que je parle « un peu » anglais. Ce qui a beaucoup rassuré cette dame aux cheveux bouclés foncés. Elle m’accueille dans sa classe atypique qui n’est pas une classe d’accueil comme pour mon jeune mais une classe où il y a déjà deux niveaux : CM1 et CM2.

Comprenant rien à ces noms de classes avec des lettres… je pars m’asseoir sur la table indiquée. Tous les élèves me dévisagent.

En classe, je comprends certains demandes et ordres comme « il faut lever le doigt pour parler » ou « il est interdit de mâcher des chewing-gums en classe ».

Moi à moi-même : Tiens, « chewing-gum » : un autre mot qui est pareil que dans ma langue (après un autre mot qui me fait rigoler 💩 ).

À cet âge, je ne sais pas faire la différence entre les mots empruntés à l’anglais et les mots de ma langue.

Ma maîtresse court un peu partout. Elle utilise un seul tableau qu’elle divise en deux pour les deux classes. Dès qu’elle trouve un temps libre, elle vient vers moi pour travailler des choses « faciles » comme les imagiers. Elle m’explique les consignes et me demande :

Elle :  Do you understand?

En ne comprenant pas ce qu’elle dit, je lui fais de grands yeux. Elle répète :

Elle : Do you understand ?

Moi à moi-même : Purée! Pourquoi mon oncle lui a dit que je sais parler anglais ? Je sais juste me présenter… Ah oui, je connais les jours, les mois les couleurs et quelques prépositions de lieu. C’est tout! Ça veut dire quoi « understand » ? Under = sous… stand ? Comme « stand up/ sit down » ? Je dois m’asseoir en dessous de la table et me lever peut-être ? J’ai fait une bêtise ? C’est une punition?

Elle: Thaya, do you hear me ? Do you UNDERSTAND what I’m saying ? Yes or no ?

Moi à moi-même :  Ah! Je suis bien punie! Elle me demande si je suis d’accord avant de me punir ? C’est comme ça qu’ils fonctionnent en France ? Je bouge seulement la tête.

Elle : Ohlala! Elle comprend rien! Don’t move your head! I can’t UNDERSTAND if it’s a « yes » or  a « no ». Say it with your mouth : yes or no? Oui ou non ?

Moi : Yes! (En bougeant la tête les deux côtés).

Elle : Yes ? It’s not right and left. Move your head up and down : like this! Yes!

Moi à moi-même : Je suis venue à l’école pour apprendre le français mais maintenant je dois d’abord apprendre l’anglais.

Bizarrement, elle ne m’a pas punie ce jour là.
Avec le recul, je tire mon chapeau à cette maîtresse qui était dans l’obligation de gérer deux classes en même temps plus une élève non-francophone.

 

Ces premiers jours, j’ai également appris deux autres choses assez importantes à cet âge :

– Faire des rots en public est mal vu.
– Montrer son doigt majeur est très mal vu.

À chaque midi, je rentre à la maison pour déjeuner et je repars en classe l’après midi. Le riz, en digestion, me donne envie de faire des rots. Chose que je faisais librement au pays. Arrivée en classe, à chaque fois qu’un rot s’échappe malgré moi, j’entends :

Eux : Ah! C’est dégueulasse!

Je ne comprends pas et je continue…

Elle : Mais arrête! Faut pas faire ça! Dis « pardon »!

Moi à moi-même : Pourquoi je dois dire pardon ? J’ai dérangé personne. Ça se passe que dans mon corps.

Mais ne supportant plus leurs réactions, je finis par dire « pardon » à chaque fois que mon riz s’évapore.

J’ai également remarqué autre chose : ce sont les remontées des doigts « majeurs » pour montrer qu’on est pas content. Apparemment, ceci a la même signification qu’un gros mot. Ça me fait bien rire. Comment un geste peut remplacer une injure ?

Je m’amuse avec cette nouvelle découverte : à chaque fois que je lève le doigt en mathématiques pour donner une réponse : je m’amuse à alterner l’index et le majeur. Quel bonheur d’enfreindre l’interdit! Je montre le majeur pendant quelques fractions de secondes, quand la maîtresse est occupé au tableau. C’est un jeu : une découverte d’un nouveau geste que je n’ai jamais reproduit avant.  Au bout de la 4ème fois, la fille qui n’aime pas les rots nous a vu de loin : moi, ma main levée et mon jeu des doigts avec l’index et le majeur dans l’air…

Elle : Maîtresse… Thaya elle montre son doigt d’honneu…

Depuis, j’ai décidé de ne plus jouer à ce jeu : j’avais peur qu’on me punisse avec UNDERSTAND.

Les premiers mois, je suis naturelle, bavarde et active dans la cours de récréation avec quelques camarades qui parlent la même langue que moi.

Parfois, quand les maîtresses n’arrivent pas à communiquer avec moi, elles font appel à une de mes copines, qui est dans une autre classe, pour faire l’interprète alors qu’elle n’a que 9 ans.

Il y a aussi d’autres éléments que je n’apprécie pas dans cette classe :

  • Je déteste aller au tableau pour faire un exercice. Je n’aime pas du tout, tous ces yeux verts et bleus tournés vers moi… Plus je m’approche du tableau… plus tout devient blanc dans ma tête… Plus j’avance… plus j’ai la sensation de disparaître comme-ci on efface mon corps…
  • Je n’aime pas non plus ces « septs » qu’il faut barrer sur la ligne verticale parce que les français les confond avec les « uns ».

9 x 3= 27

Au fur et à mesure que les jours avancent, je commence à comprendre quelques mots. Ceci me donne une grande motivation : je vais apprendre cette langue. A la maison, je travaille deux heures par jour après l’école. Je prends un grand plaisir de faire les exercices d’un manuel français destinés aux étrangers.

En classe, j’apprends non seulement le français et les mathématiques mais l’histoire, la géographie et les sciences. Je confonds parfois les matières, mais, je me débrouille plutôt pas mal. J’apprends l’orthographe et les définitions de chaque mot par coeur…

Lors d’une évaluation en français, on me demande,  dans un exercice, la signification du mot « cannibal ».
Moi à moi-même : « Cannibal » ? Ca me dit quelque chose… J’ai dû l’entendre en histoire… Ah si! Je me souviens!
J’écris donc :
hannibal
Après deux jours, la maîtresse nous distribue nos copies. Elle appelle nom par nom et annonce  les notes de chacun.

Elle : Il me reste 3 copies à rendre. D’abord, « Thaya »!Mhmm… C’est vraiment pas mal : 12 sur 20. Ton français s’améliore de jour en jour. C’est très bien! Par contre, une chose : attention à ne pas confondre ce que tu apprends dans différentes matières.

Je ne comprends pas, je la regarde. Elle continue :

Elle : Napoléon serait pas content, s’il était en vie et s’il apprenait que sa soeur s’appelait « cannibal ». Tu te souviens plus de ce mot ? On l’a vu dans la leçon en français! C’est pas très grave…  Mais je voudrais surtout te remercier pour autre chose. (Elle sourit).

Elle : Merci de m’avoir identifier deux tricheurs dans cette classe. Effectivement, il y a deux autres personnes qui pensent comme toi, que Cannibal était la soeur de Napoléon. (Elle se tourne vers mes voisins). N’est-ce pas les garçons ?

Toute la classe est morte de rire.

Moi à moi-même : Ca y est! Je comprends ce qu’elle dit! Le garçon assis près de moi, a copié ce que j’ai écrit et son voisin a fait de même.

Pour la première fois, mes rires se mélangent avec ceux des autres…

Nous sommes en juin 1999, on me conseille de reprendre le CM2 car passer au collège sans vraiment connaître le français serait difficile. J’accepte facilement… Mes amies vont au collège… Moi, j’ai décidé de redoubler… ce n’est pas grave, c’est pour apprendre le français.

Je fais toutes les activités qu’on me demande la deuxième année :

  • Sport : Je n’aime pas aller à la piscine car je n’aime pas me mettre en maillot de bain, et surtout, je ne sais pas nager. J’ai peur de l’eau et de la profondeur.
  • Lecture : Je lis Gafi le fantôme (niveau CP) pour apprendre à lire. J’ai essayé de lire les livres avec les bordures en arc-en-ciel que tous les enfants adorent : la collection de « Chair de poule ». Je n’arrive pas car il n’y a pas d’illustrations pour m’aider à la compréhension. En revanche, je prends un grand plaisir de lire toute la collection de Boule et Bill.
  • Dessins animés : Je ne regarde que « Tom and Jerry » et « les malheurs de Sophie » en rentrant de l’école.
  • Fêtes : En France, il y a des fêtes pour tout le monde : fête des mères, fête des pères et fêtes des grands-mères. On me demande de faire un collier en perles pour la fête des mères. Je n’arrive pas expliquer que je ne peux pas l’offrir à ma mère. Je ne trouve plus les bons mots en français. Je finis par faire ce beau collier en perle. Je le garde dans la poche de mon manteau et en rentrant à la maison, sur le chemin, je le dépose sur le palier d’une maison près de la rue.
  • Activités : Je n’aime pas aller au judo car les garçons me font tomber vite au sol et le tatamis me fait très mal au dos.
  • Ecriture : Je dois écrire un poème en français pour la fête des pères… à mon père qui est resté au pays et qui ne comprend aucun mot en français:

Cher papa,

La mer est trop longue (je voulais sûrement dire « profonde »).

Je t’aime plus que la mer.

-Thaya

Petit à petit, cette langue si étrange devient plus familière. Je comprends presque tout ce qui est dit autour de moi. Je constate bien les changements… de langue mais surtout de caractère… de mon caractère…

En effet, plus j’apprends la langue, plus la petite fille bavarde et active en moi s’efface. Je laisse place à une pré-adolescente qui devient trop consciente de tout.  J’ai peur de mal prononcer les mots, de mal parler, de faire des fautes.

school girl alone

Je me sens trop différente des autres élèves. J’ai l’impression de ne pas appartenir pas à ce groupe, ils n’ont pas de points communs avec moi. Je ressens très fort cette différence. Mes anciennes amies sont toutes parties au collège. Je me sens seule dans cette école. Je m’enferme sur moi-même. Je n’ai plus envie de courir dans la cour. Je préfère m’isoler… sur la pelouse… à côté des colonnes du préau.

Petit à petit, je fais connaissance avec une nouvelle personne…Elle s’appelle la timidité.

 

Enfance, Mes histoires

2 dosas coûtent 5 roupies et 12 c…

Nous sommes en 1996, au Srilanka, dans un petit village…

Moi : Papa, la maîtresse m’a demandé de vous faire signer un document : c’est un don d’argent. Vous pouvez choisir entre 2 sommes :

Dosa dosucment

Lui : C’est pour la bonne cause, je te donne 25 roupies. Fais attention sur le chemin : ne les fait pas tomber.

Il me donne plein de pièces qu’il trouve dans toutes ses poches….

Je compte… Il y a bien 25 roupies. Je les range dans ma boite à crayons pour ne pas les perdre.

Le lendemain, à l’école, pendant la récréation : 

Moi : Les filles vous avez amené combien pour le don ? Moi, j’ai apporté le maximum. Ecoutez!

Je secoue la boîte à crayons!

Elle : Moi aussi, j’ai emmené 25.

Driiiiiiiiiiiiiinnnngggggg……

On entend la sonnerie et on retourne tous en classe très rapidement avant que notre directeur fasse la ronde dans toute la cour de récréation.

Il est 11h du matin. Mon ventre commence à se creuser, je regarde mon sac à dos dans lequel il y ma gamelle de repas qu’on ma préparé ce matin.

Moi à moi-même : Je me demande ce qu’elles m’ont préparé aujourd’hui.

Il est midi, la sonnette de l’école fait mal aux oreilles. Je me dépêche de finir ma dernière phrase sur mon cahier et je le range à toute vitesse. Je cours au robinet pour me laver les mains. Je reviens vers mon sac, je sors la gamelle et je l’ouvre…

Moi à moi-même :  Encore du riz et des lentilles corail! 

J’ai tellement faim que je ne réfléchis pas une seconde de plus, je mets ma main dans la gamelle et  je la fini en quelques bouchées.

Moi à moi-même : Purée! J’ai encore faim! 

Je regarde ce que les autres copines mangent, elles n’ont pas beaucoup non plus! Je reste assise…et  mon ventre gargouille!

Elle : Tu veux qu’on aille faire un tour à la cantine ?

Moi : Euh, non! J’ai pas d’argent sur moi pour acheter quoique ce soit…

Elle : Même pas 2 ou 3 roupies ?

Je regarde ma boîte à crayons…

Moi : Si! Peut-être 5 roupies…

Elle : Alors on y va!

Je prends 5 roupies dans la boîte à crayons et on court vers la cantine extérieure de l’école.

A la cantine, 

Je vois un grand stand de nourriture :  tout me donne envie, je ne sais pas quoi choisir :

canteen

Lui : Tu veux quelque chose ma petite fille ?

Moi : Oui, ça coûte combien les dosas, s’il vous plaît ?

Lui : 1 dosa, 2 roupies 50

Moi : Donnez-moi un… euh… deux, s’il vous plaît! Avec beaucoup de sambal (chutney de noix de coco et de piment)

Lui : Tiens! Ca fait 5 roupies.

Je lui donne les pièces de monnaies sans hésitation et je prends les dosas qui étaient entourés dans un papier journal.

Moi : Mhmmmmm! C’est trop bon! Je vais apprendre à faire ça quand je serai grande.

On laisse aucune miette, je savoure jusqu’à la dernière noix de coco râpée.

Je reviens en salle de classe comme-ci de rien n’était. Je sors discrètement le papier que mon père a signé et je l’ouvre sous la table. Je prends un stylo et je raye la case cochée par mon père et je coche la case de 20 roupies. Je regarde à gauche et à droite pour m’assurer que personne me regarde. Je range le papier et j’attends sagement ma maîtresse.

La sonnette déchire à nouveau les oreilles et ma maîtresse rentre dans la salle de classe. Je me lève comme les autres, je la salue en choeur avec un air naturel :

Good afternoon, Teacher!

Elle nous dit bonjour et elle décide de faire l’appel.

Elle : A chaque fois que je vous appelle, venez directement à mon bureau pour me donner votre don avec le papier signé. On va faire l’appel et ça en même temps.

Eux et moi : Oui Maîtresse!

Elle fait l’appel dans l’ordre alphabétique, mes camarades se lèvent un par un pour lui donner le papier et l’argent.

C’est mon tour!

Elle : Thaya!

Moi : Présente!

J’avance vers elle. Je lui donne le papier et je sors ma boite à crayons et je mets les pièces sur le bureau.

Elle compte… et regarde le papier.

Elle : 20 roupies… d’accord…

Moi à moi-même : Ouf!!!! c’est bon!

Je me retourne…

Elle : Euh! Attends! Pourquoi c’est rayé en dessous ?

Moi : Mon papa s’est trompé, Maîtresse.

Elle : Tu es sûre de toi ?

Moi : Oui, Maîtresse. Regardez, il a bien donné 20 roupies! (Les battements de mon coeur s’accélèrent… ma voix tremble…)

Elle : Regarde-moi dans les yeux et dis moi la vérité! Tu es sûre qu’il t’a donné que 20 roupies ?

Moi : Oui madame. Pourquoi je mentirai ?

Elle : J’ai un doute : regarde bien la feuille (elle me montre le papier), ton père a utilisé un stylo noir pour signer. Et là, on voit que c’est rayé et coché avec un stylo bleu. Tu peux m’expliquer ?

Moi à moi-même : Purée! J’ai pas fait attention à ce détail en changeant la somme! ça y est! je suis coincée!

Moi : (en étant la plus naturelle possible) Oui madame, il écrivait en posant le papier sur un mur, le stylo ne marchait pas, du coup, il a changé de sty…

Elle : Non seulement t’as changé le montant, tu mens en plus! Montre-moi ta paume!

Elle sort la canne de bambou et elle me frappe deux fois en plein milieu de la paume de la main!

Je ressens une grande douleur indescriptible dans le creux de ma main droite, comme ci on électrocutait les lignes de ma main… je la secoue dans l’air pour ne pas avoir mal.

Moi : Aie!  Madame, c’est vrai, je mens pas!

Elle : Attends, il est dans quelle classe ton frère ? Je vais te demander devant lui, tu vas avouer la vérité.

Moi : Non! Madame, s’il vous plaît! Appelez pas mon frère, s’il vous plaît!

Elle ne m’écoute pas, elle appelle le délégué de la classe pour qu’il aille chercher mon frère.

Tout le monde me regarde, certains rigolent en me montrant du doigt…Je baisse ma tête… J’ai mal et surtout… j’ai honte!

Quelques minutes plus tard, mon frère se trouve dans ma classe, devant le bureau de ma maîtresse, tout confus.

Elle lui explique la situation…

Elle : Ta soeur, non seulement elle vole, mais… elle ment aussi! Elle a pris 5 roupies! Elle mérite 5 bonnes frappes! Tu iras le raconter à ton père…

Je reçois au total 7 frappes par cette canne de bambou. Et elle demande à mon frère de retourner dans sa classe.

L’école se termine vers 15h30, mon frère me prend à l’arrière de son vélo comme à son habitude pour rentrer à la maison qui est à 7 km.

 

school cycle

 

Lui : Thaya, je dirai rien à Papa, si jamais il voit ta main, tu lui diras que t’as oublié de faire tes devoirs.

Moi : Merci….Merci beaucoup…. Tu me sauves la vie!

 

Quelques semaines plus tard, lors d’une bagarre entre moi et mon frère,  en jouant, il me pousse vers l’arrière. En une fraction de seconde, j’ai oublié ce frère qui m’a sauvé de cette histoire de dosa, je vais voir notre père pour l’accuser et pour me plaindre qu’il m’a blessé en me poussant. Et mon frère, dans la précipitation, raconte toute l’anecdote autour des 25 roupies avec les moindres détails.

Conséquences : on a chacun reçu 5 frappes par notre père : moi pour avoir modifié le papier et avoir volé cet argent et mon frère : pour avoir été complice et avoir caché cette histoire.

Et depuis, pendant plus de 16 ans, j’ai détesté cette crêpe salée, fermentée… Mais si délicieuse…

Aujourd’hui, quand je vois des dosas sur une carte de menu dans un restaurant : je pense à cette cantine et à ce vendeur.

menu dosa

Moi : Combien coûtent 2 dosas, s’il vous plaît ?

Lui : 5 roupies et 12 coups de cannes de bambou.

P.S. : Le don d’argent était pour une organisation caritative qui distribuait de la nourriture dans les écoles auprès des élèves défavorisés et touchés par la guerre civile au Srilanka.

 

 

Développement personnel, Mes histoires, Objectif

…je permettrai… je permets… J’ai PERMIS

On dit souvent qu’une réussite doit être récompensée ou fêtée.

On trinque parce qu’on a réussi un nouveau projet. On invite au restaurant ses amis ou sa famille parce qu’on a réussi son examen. On offre un cadeau à son enfant parce qu’il a eu de bons résultats…. La réussite et la récompense sont presque indissociables.

En revanche,  qu’est-ce qu’on fait quand une personne n’atteint pas la réussite, alors qu’elle a fait tout ce qu’elle pouvait pour y arriver…

permis A
Ça y est le jour J va bientôt arriver. Dans deux jours exactement, je vais passer mon examen. Oui, il me reste un dernier grand examen qui est le permis. Depuis que je connais la date de cet examen,  je ressens une douleur dans mon ventre comme des lames d’un blender qui tournent. Cette  semaine, ces lames tournent de plus en plus vite! Oui, je connais cette sensation : elle s’appelle « le stress ».

Depuis une semaine, je suis devenue dépendante des vidéos motivantes : je les regarde et écoute dès que je peux… dans les transports, en promenant le chien et parfois même dans les toilettes… J’essaie de répéter des phrases positives : je vais réussir… Je vais avoir ce permis!

C’est enfin le moment tant attendu. 
La veille, le temps paraît lent,  je révise les vérifications intérieures et extérieures de la voiture.

Moi à moi-même :  Si on me demande de montrer les feux de recul, j’oublie pas de déclencher la marche arrière avant de sortir de la voiture… Si on me demande de parler des clignotants, j’oublie pas les latéraux…

Je révise chaque question… une par une.

Moi à moi-même : Allez courage, ça sera peut-être l’une des dernières épreuves de toute ta vie!

J’ai décidé de ne pas montrer mon stress à l’inspecteur, de ne pas trop l’écouter s’il critique et surtout de conduire comme à mon habitude avec mon moniteur.

Le jour J est arrivé, mon horloge interne me secoue avant que mon réveil sonne. Je me prépare et je vérifie les documents…

Il est 7h du matin, je me dirige vers l’auto-école :  je mets mes écouteurs et je continue à écouter la vidéo de la veille pour me booster. J’entends la voix de Les Brown : 

Then what’s possible for one…it’s possible for me and I’m gonna do it (54:35)

J’attends les autres candidats et mon moniteur devant l’auto école… Je présente mes documents et j’accepte de conduire en allant vers le centre d’examen. Le moniteur nous explique les procédures et nous rassure.

Lui : Thaya, c’est toi qui vas passer en première. 

Moi à moi-même :  Pourquoi moi ? Et pourtant mon nom ne commence pas par un « A ». Peut-être parce que je suis la plus âgée ? Bon, en même temps je préfère ça! Comme ça c’est fait! J’ai pas à attendre jusqu’à 10h! Dieu, Merci!

Arrivés au centre d’examen, l’attente me paraît trop longue. On ressent une tension dans la salle d’attente. 

Eux : Voilà les inspecteurs…

Mon inspecteur et mon moniteur échangent quelques mots… et moi, j’attends à l’extérieur de la voiture, chaque seconde me paraît une éternité.  Et… ils m’appellent. 

Avant d’entrer dans la voiture :

Moi à moi-même : Thaya n’oublie pas, un inspecteur, c’est un humain comme les autres. Concentre toi seulement sur la route!

Je lui dis bonjour, je lui présente ma carte d’identité et ma convocation.

Lui :  Bonjour, je serai votre inspecteur. Vous vous appelez bien Thayap…

Moi : Oui, c’est bien ça.

Lui : Alors, l’examen se déroulera une vingtaine de minutes, je vous guiderai la première partie, ensuite il y aura une phase en autonomie, Il y aura également des manoeuvres à faire et quelques questions théoriques à la fin. Si vous ne comprenez pas n’hésitez pas à m’interrompre et me demander. Je vous  répondrai… Est-ce que vous avez des questions ? 

Moi : Non, pas de questions particulières.

Lui : Alors, quand vous voulez! On peut démarrer…

Ca y est… c’est le moment…

Moi : Est-ce que tout le monde est bien attaché ?

Eux : Oui!

Moi : Les portes sont bien fermées, Il n’y a pas d’anomalies sur le tableau de bord…On peut aller.

Moi à moi-même : Je déteste ces phrases qui ne sont pas naturelles!

J’ai réussi plus ou moins à démarrer, à mettre le clignotant et à sortir de ce parking… Mais… Comment sortir de ce centre d’examen tout étroit. En plus,  il faut regarder dans le miroir d’en face, caché à moitié par les branches d’arbres. Il m’aide un peu. Et soudain, je prends les deux voies au lieu d’une seule pour tourner et sortir de ce maudit centre d’examen… Ca y est! Une première bêtise! Je tremble de partout, je perds tous mes moyens, je parle toute seule pour calmer ma nervosité… Je confonds les pédales, je me trompe de vitesse… Je me perds… Je ne sais plus conduire.

Lui : Bon Mademoiselle… on arrête le cinéma et on se concentre…

Moi à moi-même : Madame! Pas mademoiselle et j’ai bientôt 29 ans…

Mon autre moi : Purée! Thaya, n’écoute personne! Conduis comme d’habitude! C’est tout! 

Après quelques minutes…

Lui : Mademoiselle, on va pas passer toute la matinée ici, on met un peu de dynamisme ?

Moi à moi-même : Ah! Il m’énerve avec son « mademoiselle ».

Moi : Oui…

Je change de vitesse, je continue à rouler.

Lui : A droite!

Moi :  Oui…

Lui : A gauche, avec plus de dynamisme s’il vous plaît!

Moi :  : D’accord!

Lui : Vous empruntez le tunnel qui est en face de vous, s’il vous plait,

Moi : D’accord….

Je vois plusieurs voitures au loin, je m’apprête à entrer sous le tunnel…

Lui : STOOOOOOOOP!

Moi à moi-même :  Qu’est-ce qu’il y a ? NoooOOoooon! S’il vous plaît! Pas ça! Pas les pédales! Pourquoi les pédales ? 

Lui : Vous avez vu quoi comme panneau Mademoiselle ? 

Moi à moi-même : Il y a un panneau ici ? Il sort d’où?  Je l’ai jamais vu!

Je me retourne…et je vois :  

Panneau-Priorite-la-circulation-en-sens-inverse-Europ-B15EU

Moi à moi-même : Purée! Depuis quand ils ont implanté celui-là ? Je suis passée par là plusieurs fois, je l’ai jamais remarqué! Et en plus, il y avait aucune voiture en face! Pourquoi ils ont tous décidé de passer par là aujourd’hui,  à 8h du matin? 

Je vois tout mon espoir s’effondrer. Je soulève ma tête et j’aperçois mon moniteur à travers le rétroviseur central qui bouge la tête horizontalement et j’ai compris : 

Moi à moi-même : Ca y est! C’est mort!

Après ce tunnel, j’enchaine les bêtises sur bêtises. Mes bras sont devenus lourds…Ma tête ne m’écoute plus.

Moi à moi-même : J’aurai pas aujourd’hui ce permis… Je vais rentrer les mains vides et la tête pleine.

Etrangement, le temps passe plus vite… je réponds correctement à mes questions théoriques,  mais je sais c’est trop tard…  

Moi à moi-même : No Les brown! It’s not possible today, I’m broke and broken.

Je sors de la voiture, je le remercie mais je n’entends plus ma voix. Je vais devoir attendre 48 heures pour recevoir une réponse… qui va être négative… Mes pieds s’éloignent de la voiture et s’approchent d’un mur. Je me laisse glisser le long du mur, pour m’asseoir par terre…

Moi à moi-même Attendez! Je viens de faire ce mouvement-là ?

Le mouvement que j’ai toujours critiqué dans les films :  quand un personnage est triste, il s’enferme dans une chambre et il se glisse le long de la porte pour atteindre le sol tout en pleurant… Et aujourd’hui je fais la même chose et j’ai le regard vide…

Moi à moi-même : Je peux plus revenir en avant ? Mais, il est peut-être très gentil cet inspecteur, il me fera peut-être une surprise? Il va peut-être me mettre un favorable ?

Mon autre moi  : Tu vis dans quel monde ? Tu crois qu’il va accepter une dangereuse comme toi ? Y a pas assez d’accidents de voiture  comme ça? T’as vu ce que t’as fait? C’est dangereux!

Moi à moi-même : Mais tu sais bien que je ne conduis pas comme ça, d’habitude! C’est le stress qui m’a transformé.  

Mon autre moi  : Ca veut dire que tu vas te paniquer quand il y aura une situation inattendue ? Tu sais pas encore gérer tout ça. Tu n’es pas encore prête… 

Je reste là…assise… pendant 10 mins, sans bouger, à laisser les deux se débattre…dans ma tête et à continuer à regarder dans le vide…

Et soudain, je me rends compte qu’un garçon m’observe depuis le début… C’est sûrement un prochain candidat de l’examen. Avec toute la gentillesse du monde, il me regarde avec un air désolé.

Lui : C‘est pas grave, c’est pas la mort…

Moi à moi-même : Pitié, j’apprécie énormément ce que tu dis… mais s’il te plaît, ne va pas plus loin! Je suis au bout de mes limites et je suis très sensible. Je sens que je vais craque…Oh non! Ca m’arrive! Ca y est je suis entrain de pleurer devant un inconnu…

Je me lève discrètement… je m’éloigne… loin de ce mur, de ce gentil garçon, de ce parking…

Je ne sais plus comment me consoler. J’expire et j’inspire le plus fort possible. J’essaie de me calmer… de penser à autre chose. Je marche sur place… Je regarde le ciel…

Après quelques minutes, je décide d’appeler mon mari…

Moi : Allô…(ma voix tremble)

Lui : Rebonjour! Comment ça va Thayla-Kouyla ?

Moi : ça va!

Lui : Non, on dirait pas!

Je lui raconte ce qui s’est passé…

Lui : Bon,  c’est pas grave… ça sera pas pour aujourd’hui, Ca va être bon pour la prochaine fois… T’inquiètes pas. Tu es toujours au centre d’examen ? On se voit à midi ?

Moi : Non j’irai direct au travail… ça va me changer les idées…

Lui : Mais non, on avait dit qu’on allait faire un restau…

Moi : Oui, mais… si j’ai réussi… Je voulais t’apporter la victoire aujourd’hui et fêter ça avec toi… Mais, je suis fatiguée par tous ces efforts et par toutes ces préparations mentales… Ca m’a épuisé…et au final… j’ai échoué!

Lui : Bah, justement! Pourquoi on doit annuler le restaurant ? On va justement récompenser tout tes efforts! Je sais comment elle a travaillé dur cette Thaya. On fêtera ses efforts aujourd’hui et sa victoire bientôt. J’ai envie de lui faire plaisir… et de me faire plaisir. Donc RDV à midi comme prévu!

Après quelques bons arguments, il a fini par me convaincre…

Depuis j’ai adopté la méthode :

Récompenser chaque effort, même si l’objectif n’est pas atteint.

Et trois mois plus tard, on m’annonce une nouvelle date. Pour moi, ça sera une nouvelle occasion, une nouvelle vidéo motivante et surtout une nouvelle philosophie…

statut effort récompense

J’y vais donc beaucoup plus apaisée… Je veux récompenser tous mes efforts que j’ai fournis pour cette épreuve non pas par un restaurant, mais par une petite victoire! Je veux avoir ce permis. Je sais que je peux la mériter, je me sens confiante…

Arrivée à nouveau dans ce même centre d’examen, tout se passe plutôt bien : je ne fais plus de cinéma… Je ne roule que sur une seule voie… Je fais correctement les manoeuvres demandées et je réponds aux différentes questions théoriques. 

Je montre ce que je peux faire.. je suis assez satisfaite… Je sors de la voiture  avec un petit sourire aux lèvres. Et, je vois en face de moi… une fille assise au même endroit que moi, avec ce même regard… vide… J’ai envie de la prendre dans mes bras et de lui dire que ce n’est pas grave… c’est juste un examen… Je veux lui dire « Bravo » pour ce qu’elle a fait aujourd’hui, pour ses efforts! Mais, quelque chose me retient :  je ne lui dis rien, je ne veux surtout pas toucher sa sensibilité. Je m’éloigne…

Après 48h et après un voyage inoubliable en Angleterre, je reçois la case colorée :

favorable pemris

and, yes Mr Les brown 

permis victoire

Mes histoires

Peur des chiens ? Alors, adopte un chien!

Ce jour-là, mon mari est rentré de son déplacement professionnel, tout souriant et visage éclairé. Après avoir constaté la différence, je lui ai demandé s’il avait quelque chose de croustillant à me raconter.

Lui : Thayaaaa! Je sais ce qu’il manque dans cette maison : il manque un chien!

Moi : Euh, c’est quoi cette nouvelle histoire ? Qui t’a mis ça en tête ? Tu as rencontré quelqu’un? Une personne qui a un chien ?

Lui : Mais non! J’ai rencontré personne! Pendant ce déplacement, j’ai beaucoup réfléchi. Et je me suis rendu compte qu’un chien peut te tenir compagnie quand je suis pas là. Il va te protéger. 

Moi : Depuis quand, on a besoin d’un chien pour se protéger ? Tu connais pas ta femme, elle peut très bien se débrouiller toute seule. Elle mettait une sacrée patate quand elle faisait  de la lutte au collège.

Lui : La lutte … ? Mais non! c’est pas ça. Ecoute je vais faire quelques recherches… Et en plus, c’était un de mes rêves d’enfant : « avoir un chien ». C’est toi qui dis souvent qu’il faut réaliser les rêves de son enfance même en étant adulte.

Moi : Euh… oui… Mais, je t’ai déjà parlé de mon problème avec les chiens : j’ai peur des chiens.   Quand j’étais petite, je me suis fait mordre par un chien du pays. 

Flashback : En effet, quand j’avais 5 ans, j’allais à pied à une fête, toute bien habillée, accompagnée de mon frère. Sur le chemin, mon frère a vu un chien derrière le portail d’une maison : il voulait apparemment communiquer avec lui. Il faisait des cris d’aboiements pour le provoquer. On ne sait pas comment le chien a réussi à s’échapper du portail. Il se retrouvait devant nous, à l’extérieur! Et… mon frère, qui n’avait pas eu le temps de m’avertir, a couru dans la direction opposée, vers le chemin par lequel nous sommes passés. Moi, restant bloquée, j’ai pris 10 secondes pour me rendre compte de la situation… J’ai donc pris fuite vers le chemin que nous empruntions, vers la musique, vers cette fête. J’essaie de courir tant que je peux avec mes petites jambes et ma robe toute belle mais courte. Soudain je sens que le chien s’approche, il est tout prêt de moi… Je crie au secours… je cours sans retourner ma tête… j’accélère les pas… J’appelle mon frère… Je sens la respiration sur ma peau… J’ai peur… Je crie de toute mes forces…. et soudain, je sens le museau mouillé au niveau de ma cuisse arrière… Je ferme les yeux tout en appelant à l’aide… je sens de plus en plus…d’abord la bave puis les crocs! Le chien me  pousse et me mord au niveau de ma cuisse. Et là, je tombe par terre… et je n’ai plus de voix pour crier! 

Après quelques minutes, je me retrouve dans les bras d’un monsieur qui me porte pour m’emmener vers une clinique proche. 

Et depuis ce jour-là, j’ai peur de tous les chiens : je fais partie des personnes qui changent de trottoir quand elles voient un chien à 5 mètres. Comment, moi, je peux avoir un chien à la maison ?

J’essaie de convaincre mon mari, qui à son tour, essaie de me convaincre. 

Lui : Tu verras, le chien qu’on va avoir, ça sera comme ton enfant. En plus, il sera petit : pas comme celui qui t’a mordu. 

Moi : … J’ai peur de tous… sans exception… Hum… on en discutera plus tard. (Ma phrase habituelle pour me débarrasser d’une chose.

Quelques jours se sont écoulés…

Lui :  Regarde Thaya, j’ai fait quelques recherches et je vois bien l’un des deux chiens chez nous…

 


Moi : Un boxer!!!! Je me demande si c’est pas lui qui m’a mordu d’ailleurs… Je suis désolée pour ce qui en ont un, mais je trouve qu’il est toujours trop sérieux. regarde sa tête, on dirait un militaire. Et encore, je préfère la tête du beagle : il a l’air plus gentil.

Lui :  Bah non! Les deux sont gentils, les deux peuvent te protéger! Si tu préfères le beagle… on y va pour le beag…

Moi : J’ai rien dit encore!

Lui : Ecoute! Y a un salon des animaux ce week-end. On peut aller les voir en vrai et réfléchir. On va faire juste un tour…

Moi : Un tour! C’est tout! On ramène rien au retour à la maison.

Lui : Bah, bien sûr! On décide pas d’avoir un chien comme ça! Il faut bien réfléchir! 

Le samedi, nous étions à 6… pour visiter ce salon…

Arrivée au salon, j’étais toute émerveillée : je n’ai jamais vu autant de chiens au même endroit. Bizarrement, je ne ressentais pas la peur, tout était bien sécurisé et on entendait par tout des « Ah! Il est trop mignon », des « Mais regarde maman! Comme il est beau! « , des « Chéri! on prend un ? »  et des « Allez papa! dis oui STP! »

Je rigolais secrètement en voyant toutes ces personnes qui adorent les animaux. Mais qu’est-ce qu’ils trouvent tous chez les chiens ?

J’ai demandé à mon mari qu’on aille voir directement le stand des beagles et comme ça, on n’en parle plus : on visite et on rentre.

Arrivés au stand, on voit une dizaine de chiots beagles entrain de jouer derrière les barrières… Ils avaient tous entre 1 et 3 mois : des tricolores et des bicolores. Certains sautaient… d’autres poussaient, tous semblaient tout joyeux… sauf UN. Il était allongé avec son petit bidon, tout triste. Il ne bougeait plus comme les autres et ses yeux étaient vides. A ce moment-là, je ressentais un sentiment étrange, comme une compassion mélangée à de l’affection. Je n’étais pas la seule à ressentir cette émotion. On le montrait tous du doigt et on demandait à mon mari : « on le prend ? »

Lui : Mais, on s’était dit qu’on allait juste faire un tour… On n’a même pas visité le salon. Il faut réfléchir…

Moi : Je sens que j’ai craqué… J’ai l’impression qu’on l’a trouvé, on le prend ?

Eux : Allez, on le prend…

Lui : Mais, il faut pas décider comme ça. Un chien, c’est beaucoup de responsabilités. Tu es capable de t’en occuper quand je suis pas là ?

Moi : Mais oui, je vais le protéger. Allez! On le ramène chez nous ?

Après quelques minutes de réflexion et des arguments, nous étions tous d’accord : oui, il vient avec nous !

Ainsi, nous avons récupéré ce chiot beagle et nous l’avons nommé Jun (qui veut dire « obéissant » en japonais).

Bonjour, je m'appelle Jun. Et je vous ai choisi!

 

  • Depuis ce jour-là, j’ai connu l’affection inconditionnelle d’un bonhomme à 4 pattes.
  • Depuis ce jour-là, je suis émerveillée à quel point ils nous ressemblent ces chiens, et pourquoi on les appelle nos amis fidèles.
  • Depuis, ce jour là, j’ai appris à respecter le slogan « ceci est un trottoir et non un crottoir ».
  • Et depuis ce jour-là, quand j’aperçois un chien au loin, je ne change plus de trottoir.

 

 

Recettes

Sauté de fruits de mer thaï et nouilles de riz

Pour 4 personnes

Temps de préparation : 45 mins

pasta

 

Ingrédients

  • 250 g de nouilles de riz
  • 500 g de mélanges de fruits de mer (crevettes, calamars, moules…)
  • 200 g de mélanges de légumes de votre préférence (carottes, poivrons, haricots plats, bok choy, pousses de soja…)
  • 1 cuillère à soupe de pâté de curry rouge thaï
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à café de pâté de gingembre
  • 1 cuillère à café de pâté d’ail
  • 1 gros oignon blanc
  • 1 ou 2 piments thaï
  • 1 cuillère à soupe de jus de citron vert
  • sel (si besoin)
  • 1 cuillère à soupe d’huile de sésame (option)
  • Quelques feuilles de coriandre ou 1 oignon en botte (option)

Pour la sauce

  • 1 cuillère à soupe de sauce soja claire
  • 1 cuillère à soupe de sauce soja épaisse champignon
  • 1 cuillère à soupe de sauce huître
  • 1 cuillère à café de nuoc mam(sauce poisson)

 

Préparation : 

Nouilles de riz :

  • Faites cuire les nouilles selon les instructions de l’emballage. Egouttez et réservez

Sauce : 

  • Mélangez dans un bol tous les ingrédients de la sauce puis réservez.

Sauté de fruits de mer : 

  • Coupez les oignons en dés et les légumes de votre préférence (forme lamelle est conseillée).
  • Dans un wok chaud, ajoutez l’huile d’olive puis les oignons et les piments découpés. Laissez cuire 1 à 2 minutes
  • Ajoutez l’ail et le gingembre, mélangez puis ajoutez le pâté de curry rouge. Laissez cuire 2 à 3 minutes
  • Ajoutez ensuite les légumes, mélangez et couvrez pour que les légumes puissent cuire à la vapeur.
  • Lorsque les légumes sont mi-cuits, ajoutez le mélange de fruits de mer.
  • Versez la sauce préparée et mélangez le tout. Gouttez pour  vérifier le sel : ajoutez si besoin à votre goût.
  • Laissez cuire 6 à 7 mins, vérifiez la cuisson des fruits de mer (le temps de cuisson dépendra de leur taille).
  • Lorsque la sauce commence à s’épaissir, ajoutez le jus de citron, la coriandre (ou les feuilles vertes l’oignon en botte découpées en rondelle.
  • Ajoutez pour finir, l’huile de sésame.

Dans une assiette creuse ou dans un bol évasé, ajoutez  les nouilles de riz puis versez le sauté de fruits de mer.

Bon appétit!

Développement personnel, Mes histoires, Passion, Travail

Tu veux faire quoi quand tu seras grande?

decisions-martin-fisch-défi-12 …une histoire « presque » sans fin!

Premier espoir
Arrivée en 3ème, on me posait déjà la question  :

Alors qu’est-ce que tu veux faire plus tard? Tu veux faire quoi comme métier ?

Je pensais que dès 14-15 ans on était censé savoir ce que l’on veut faire pour le reste de notre vie.

Je « leur » répondais  :

– Peut-être informatique…

Je n’avais pas le nom d’un métier mais celui du domaine qui m’intéressait.

Et « ils » me disaient :

-Pourquoi tu veux faire de l’informatique ? C’est plutôt un domaine pour les garçons! On te voit bien dans la bio : tu es plutôt forte dedans.

J’avais jamais mis le pied dans le bureau de la conseillère d’orientation du collège à cause de ma phobie sociale et de ma timidité.
J’avais donc décidé de me diriger vers les sciences… 3 ans après, je me retrouvais à préparer mon bac scientifique.

Ah! Le bac scientifique qui t’ouvre toutes les portes! C’est ça le problème, tellement il y a de portes que tu ne sais pas laquelle choisir pour passer de l’autre côté.  Et…un jour, je suis tombée sur un reportage où je voyais des personnes qui s’occupaient des enfants à l’hôpital.

Deuxième espoir

« Dinkkk! » Mais ouiiiiiiiiiiii! C’est ça que je veux faire… c’est exactement ça! Je veux prendre soin des enfants!

Je suis donc allée sur internet et j’ai tapé « métier enfant hôpital » et Internet me proposait plusieurs métiers.

  • Internet : pédiatre: médecin des bébés et des enfants. Niveau d’études :  bac+9 à bac + 11
  • Moi : Euh! Thaya, tu vas avoir 29 ans si jamais tu réussis à arriver jusqu’au bout. C’est super loOOooong! On ne va pas te nourrir jusqu’à tes 29 ans quand même!  Il n’y a pas plus court que ça ?
  • Internet : puéricultrice : infirmière spécialisée dans les soins médicaux des bébés et  des enfants. Niveau d’études : bac+4
  • Moi : Ah! C’est mieux! Euh… attends…il faut passer par un concours d’entrée d’infirmière? Concours? = Entretien oral? = Phobie sociale!!!! Non, non, je ne suis pas encore prête pour les entretiens et concours. Et puis ça a l’air dur le métier « d’infirmière pour adultes »! Il n’y a pas d’autres possibilités ?
  • Internet : puéricultrice option 2. Mais d’abord vous devenez sage femme ensuite vous faites un an de spécialisation pour devenir puéricultrice.
  • Moi : Sage-femme ? Pourquoi pas! Alors, comment on devient sage femme ?
  • Internet : Il faut d’abord passer le PCEM 1 = première année de médecine et après 4 années d’études.
  • Moi : Bon écoute, je vais faire ça :  PCEM1, sage femme et si je n’aime pas, j’irai vers puéricultrice.
  • Internet : Comme vous voulez! C’est vous qui décidez!

Je me suis donc inscrite en fac de médecine. Et le bruit courait autour de moi : « Thaya fait médecine », « Thaya fait médecine »

Oui! je veux essayer de faire la première année de médecine parce que j’ai peur de passer le concours infirmière pour devenir puéricultrice. Et tout le monde peut entrer en médecine si vous avez un Bac et surtout le scientifique. En revanche, tout le monde ne peut pas sortir de cette porte : « ils » sélectionnent 150 sur 900 candidats!

Arrivée en PCEM1, je me retrouvais dans un amphithéâtre de 700 personnes, avec une ambiance d’apprentissage que je ne connaissais pas : il y avait les anciens étudiants qui empêchaient les nouveaux de travailler, il fallait acheter les cours, suivre des professeurs qui ne faisaient que des cours magistraux avec zéro interactivité. Bref, je trouvais mille excuses pour ne pas aimer les cours. J’ai quand même voulu tenter ce concours de fin d’année et je me retrouvais dans les 600 sur 900 candidats.

– Mais ils ne sélectionnent que 150! Même si je tentais encore une seconde fois, je n’arriverais jamais dans les 150. Non, je vais changer! J’aime ces métiers mais je n’aime pas tous ces concours et toutes ces sélections! Je vais faire autre chose… mais quoi? Qu’est-ce qui est vraiment fait pour moi? 

C’est ainsi que j’ai passé tout l’hiver 2008 à chercher « ce que je voulais devenir plus tard« .

Assistante sociale? Professeur? Informaticienne? Photographe? Interprète? Il ne me restait qu’un mois pour les derniers dossiers d’inscription! « Qu’est-ce que je veux faire? » est devenu « qu’est-ce que je peux faire? » Je ressentais une grande pression qui me suffoquait, je faisais des recherches jours et nuits. Parfois, je me réveillais à 4 heures du matin avec une boule au ventre qui se transformait en mixeur et je cherchais… encore… et encore… Le « parfois » devenait « souvent » qui devenait « tous les jours ». C’est la première fois que j’ai connu les symptômes d’un vrai stress mental! Mais je l’ignorais et je continuais mes recherches.

On dit souvent que le corps ne ment jamais : il exprime tout ce qui se passe à l’intérieur… et j’ai appris que le stress peut devenir maladif. La pression peut changer en dépression. Et les conséquences peuvent êtres très sérieuses : les palpitations du coeur, les maux de ventre, la chute de cheveux, la dégradation de peau… et j’en passe.

Troisième espoir

Petit à petit, je commençais à perdre l’espoir, et un jour je suis tombé sur une université qui proposait la langue des signes…

Une nouvelle lumière… un nouvel espoir apparait en moi…Je ne sais pas quel métier je veux faire, mais au moins, je sais que j’ai envie d’apprendre cette langue… J’ai donc postulé à une licence qui s’appelle « science du langage avec option la langue des signes française » et j’ai été retenue.

Une vraie belle découverte, pas de la langue, mais de moi! En effet l’apprentissage de la langue des signes français ressemble beaucoup au théâtre : il faut se servir de son corps pour s’exprimer… les gestes et les expressions faciales sont très importants. J’ai surtout appris que les êtres humains pouvaient communiquer entre eux plus de 50% par les mains et le visage sans connaitre une langue commune.

Chaque exercice pratique m’aidait à sortir de ma timidité, je prenais petit à petit confiance en moi. J’ai réussi sans difficulté à valider les 3 années de licence. Je devais choisir mon master 1. Et là, rebelote!

– C’est super tout ça! Mais qu’est-ce que je vais faire comme métier ?

J’avais le choix entre 3 masters :

  1. Devenir interprète français-langue des signes.
  2. Devenir professeur des langues pour les étrangers.
  3. Devenir chercheuse en langue.

Après réflexion, je n’ai pas le niveau adapté pour devenir interprète en langue des signes, la recherche ne m’intéresse pas… alors j’ai choisi le 2ème par élimination.

4ème (vrai) espoir

Master « didactique des langues étrangères » Quésaco ?

C’est l’enseignement d’une langue (pour moi ça sera du FLE : Français Langue Etrangère) à un étranger. C’est tout simple à comprendre et il y a des débouchés directs : professeur ou formateur de FLE. Le master se concentre sur les différentes méthodes de l’enseignement d’une langue et sur l’élaboration des différents outils en classe.

Avec ce diplôme, je pouvais enseigner dans des établissement de l’éducation nationale, dans les établissements sociaux mais également dans les entreprises en tant que formatrice. J’ai trouvé un premier stage au CADA auprès des réfugiés politiques: c’était une première belle expérience. En master 2, j’avais décidé de mieux organiser mon année. J’ai commencé la recherche de mon stage dès les grandes vacances et j’ai fait mon service civique à la croix rouge… le reste s’est fait naturellement. Le service s’est transformé en CDI mi-temps : j’enseignais les mathématiques aux mineurs isolés étrangers… On me proposait une première fois le plein temps…signe ? Je refusais délicatement car je voulais découvrir les autres champs du FLE. Je travaillais parfois 43 heures par semaines : dans une missions locale, dans un GRETA, dans des spas thaïlandais. Je courais de train en train…d’établissement en établissement… La fatigue commençait à se ressentir. Une deuxième opportunité se présente à moi pour le plein temps… signe ? Je réfléchis et j’accepte. Ainsi, j’ai trouvé mon travail à la croix rouge française (article à lire ici).

Ce n’est pas pour autant que mon esprit reste tranquille : même aujourd’hui, je me pose la question… :

Est-ce que je vais continuer toujours dans le social malgré l’amour que j’ai pour ce travail ? Qu’est-ce que je vais faire plus tard ? Une expérience en e-learning ? (réf : premier espoir) Enseignement pour des enfants hospitalisés ?(ref : deuxième espoir) ou complètement changer de domaine ? 

En tout cas je n’écouterais que la petite voix intérieure et non celle des « autres ».

Quelques réflexions avec du recul :

  • Prendre soin d’un enfant n’est pas forcément au niveau médical : cela peut-être au niveau mental, au niveau scolaire ou au niveau juridique. Je ne suis pas la pédiatre ou la puéricultrice qui injecte l’antibiotique ou autre médicament pour soigner, mais une enseignante qui partage des connaissances essentielles à un enfant : parler, lire, écrire et calculer…
  • Se tromper dans une orientation n’est pas grave, elle permet (peut-être) de trouver la bonne voie. Ce ne sont pas des années perdues. Grâce à mon année de médecine, j’ai rencontré des personnes très importantes dans ma vie. La langue des signes me permet de communiquer avec les étrangers ou expliquer une langue plus facilement : rien n’est insensé!
  • C’est normal de ne pas savoir la personne que l’on veut devenir plus tard ou le métier que l’on veut faire : à 14 ans, à 24 ans ou même à 34 ans…
  • Parfois, il faut saisir l’opportunité, savoir dire oui, faire son maximum dans n’importe quel travail.
  • Se questionner est surement un signe d’évolution et non d’instabilité.

Mes étudiants hindiphones et ourdophones me posent toujours une question pour me taquiner : « Thaya, Badi hoke kya banongi ? » (= Tu veux faire quoi quand tu seras grande?), bien sûr en faisant allusion à ma taille physique et je ne sais jamais quoi leur répondre.

Développement personnel, Enfance, Mes histoires

Chère petite « moi-même » de 14 ans…

En classe, avec mes jeunes francophones, j’ai fait un des exercices classiques « écrivez une lettre à vous-même dans 15 ans » et ils m’ont également demandé de faire la même chose : comme je suis têtue, j’ai donc décidé de jouer le jeu dans le sens inverse, c’est à dire écrire une lettre à moi-même , à la petite fille d’il y a 15 ans…

Scroll envelope

Voici donc le résultat final :

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Chère petite « moi-même » de 14 ans,

Je ne veux pas t’écrire « j’espère que tu vas bien ». J’ai constaté que tu n’étais pas très en forme ces derniers temps-ci. J’ai donc pris mon courage à deux mains et décidé de t’écrire une lettre. Je sais que tu n’aimes pas lire des textes où il n’y a pas d’images. Mais prends quelques minutes pour lire attentivement les différents points :

  • Dans un premier temps, je voulais te dire que tu n’es pas si mal avec tes lunettes et ta petite taille : mets tes lunettes sans honte tu verras que dans le futur c’est très à la mode. N’essaie pas d’avoir de grands yeux, de réparer ton orteil qui monte sur les autres ou de porter des grands talons dans le but de devenir plus grande. Tu finiras par aimer ton corps et même trouver des atouts dans ce que tu n’apprécies pas aujourd’hui.
  • Tu n’es pas une victime de l’acte des autres et tu es également responsable de ta vie, de ce qui t’arrive : oui, tu peux encore choisir, décider, dire « non », oui! Même à 14ans…
  • Tu n’es pas obligée de suivre à 100 % les conseils des autres pour ton orientation professionnelle… écoute surtout la petite voix intérieure!
  • Ne te compare pas aux autres ou ne pense pas que certaines personnes peuvent avoir un niveau supérieur à d’autres.
  • N’hésite pas rêver, plus grand, plus fort les yeux grands ouverts…
  • Tu as envie de t’habiller comme ça, de parler comme ci, d’être comme ça : fais-le sans penser aux opinions des autres !
  • Tu as le droit d’être comme une adolescente de 14 ans, encore enfant dans ta tête, de faire une crise, de dire ce que tu as sur le coeur.
  • Ne fais pas l’adulte dès maintenant, ne remplace aucun autre rôle que le tien.
  • A certaines questions, tu n’auras jamais de réponse : c’est normale et ce n’est pas grave.
  • Tu n’es qu’une fausse timide, tu apprendras à montrer la personne que tu es vraiment … petit à petit.
  • Sois plus courageuse, exprime tes sentiments, tes émotions et tes envies.
  • L’amour n’est pas inatteignable et ce n’est pas une histoire si compliquée que ça peut paraître.
  • Tes parents vont te manquer à plusieurs reprises, à plusieurs moments de ta vie, sois plus forte et n’oublie pas ceux qui t’entourent.
  • Attends encore un peu, tu vivras bientôt dans ton propre espace, libre de tes actions!
  • Certains te feront mal : peut-être qu’ils ne savent pas qu’ils te blessent ou ils étaient eux-mêmes blessés dans le passé… ça ira! Ca ne durera pas! Résiste encore un peu!
  • N’oublie pas : même aujourd’hui tu peux décider d’être heureuse!
  • Sache que « adultes » ne veut pas dire « super-héros » : ils feront certaines choses, mal ou moins bien, personne leur apprend  ces soi-disant « bonnes méthodes », ils sont souvent ignorants… tu les comprendras peut-être mieux quand tu deviendras à ton tour adulte.
  • Cherche toujours à apprendre : en écoutant, en lisant, en observant ou en réfléchissant!
  • Remercie ce que tu as aujourd’hui…et  ce que tu vas avoir demain…
  • Fais-toi ta propre idée de « dieu », ne suis pas d’autres personnes si tu n’es pas en accord avec eux, cherche… peut-être que tu trouveras un jour…ou jamais.
  • Il n’est jamais trop tard, il n’y a pas de moments précis pour étudier, pour travailler, pour avoir son permis, pour se marier, pour acheter sa maison etc…
  • Arrête d’envier les autres : personne est entièrement comblée.
  • Sors de ta peur et trouve un job d’été à partir de tes 16 ans!
  • Conduire te fera peur, jusqu’à te stresser :  à chaque fois que tu as des heures de conduite, même à 4h du matin… c’est normal… tu apprends. Tu finiras par réussir… tu conduiras comme tous ces gens, et toutes ces voitures qui font des bouchons, tu n’es pas différente des autres. Ils ont réussi alors toi aussi tu réussiras.
  • Tu trouveras un travail qui te plaira, qui te comblera : sois persévérante surtout au début, tu vas faire 2h de trajet, dans les transports, tu vas finir à 22h et tu vas rester éveiller dans le RER D avec le coeur lourd de peur. Mais ça changera, tu évolueras, et tu feras même 10 minutes en voiture pour ce même travail.
  • Toi qui aime sortir librement, tu vas faire de beaux voyages et tu iras dans des pays lointains : tu visiteras de beaux endroits, tu goûteras pleins de plats divers et variés. Tu seras entourée de bons compagnons et tu rentreras chez toi avec plein de beaux souvenirs, toute renouvelée.
  • Ne t’inquiète pas pour ce qui va arriver : sois un peu plus forte…maintenant, cette nuit et demain matin.
  • Et pour finir, sache que je suis fière de toi comme celle qui t’a mis au monde : tu es une petite fille gentille, belle et intelligente comme tous ces autres enfants!
  • Vis ton enfance, jusqu’au bout… sans trop réfléchir,  au jour le jour!

Je t’aime !

-La « moi-même » de 29 ans